Vous devenez ce que vous pratiquez

Les effets de ce phénomène sont clairs dans la souplesse des mouvements des danseurs bien entraînés, dans les exploits incroyables des gymnastes et bien sûr dans la force concentrée des arts martiaux.

(Je pourrais dire la force concentrée et les mouvements stratégiques de ceux qui pratiquent le Bagua, mais alors que le Bagua est quelque chose d’étonnant, il n’y a rien d’exclusif à cet égard en ce qui le concerne. Bagua utilise seulement ce qui est disponible, comme n’importe quelle autre méthode d’entraînement efficace).

Cela est également clair chez les couples mariés qui ont appris à considérer une bonne partie du comportement de leur conjoint comme une irritation.

Il ne s’agit cependant pas de tous les extrêmes de grâce et de rouspétance. Le principe s’applique aussi à la médiocrité.

Le résultat de la pratique au fil des années !

C’est à ça que sert la méditation. La méditation consciente est la suspension délibérée de toute activité en dehors de l’observation curieuse.

Pourquoi curieuse ? Parce que «curieux» ne veut pas dire juger mais veut dire remarquer. Observez-vous dans une situation de jugement et vous trouverez probablement que beaucoup de choses sont «mauvaises», ce qui conduit généralement à se sentir mal et ce qui rend la pratique une pratique dans laquelle on se sent mal.

Bien sûr, vous trouverez également des choses qui sont «bien» ! Cela signifie que vous êtes susceptibles d’être balancés entre le fait de vous sentir bien ou  mal. Vous pouvez commencer à laisser tomber ou éviter le «mauvais» parce que vous ne voulez pas vous sentir mal. Quand cela arrive, on parle de «remarquer» !

Curieux s’exprime juste par : «oh, c’est en train d’arriver» et parfois aussi par : «qu’est-ce qui pourrait arriver d’autre». Curieux accueille ce qui est, et c’est une attitude beaucoup plus objective et plus agréable que de résister ou de juger.

Une pensée ou une émotion survient : «oh comme c’est curieux», et avec la pensée ou l’émotion, une certaine volonté d’agir par rapport à elle, peut-être une autre pensée ou une autre émotion, peut-être une action (aller vers le frigo, vérifiez  l’ordinateur, faire une grimace). «Oh comme c’est curieux» à nouveau, interrompre l’action, choisir de détendre les muscles qui vont l’effectuer.

Ainsi, la méditation consciente est une façon de remarquer ce que vous avez pratiqué, ce qui conduit aussi à ce que vous pouvez pratiquer d’autre.

Vous pouvez cultiver ceci lors d’une pratique en position assise. Cela fonctionne également à merveille dans une pratique en mouvement. Imaginez que vous ayez un mouvement que vous souhaitez perfectionner.

Si vous voulez le perfectionner, c’est parce qu’il ne fonctionne pas comme vous le souhaiteriez. Lorsque cela ne fonctionne pas, vous pouvez pratiquer en étant contrariés, vous pouvez laisser tomber vos bras en signe de dégoût, jurer et taper des pieds.

Ou vous pouvez devenir curieux. Que vient-il de se passer ? Comment est-ce arrivé ? Que pourrait-il arriver d’autre ?

Pour observer votre corps avec sensibilité, il est utile de vous détendre. Pour apprendre une nouvelle façon de bouger, il est essentiel de suspendre les vieilles habitudes. Cela signifie être capable de se détendre. C’est le même processus que dans la méditation consciente.

Si votre mouvement implique un poids lourd (et cela peut inclure le poids du corps), cela peut ne pas être facile de vous détendre et de suspendre les vieilles habitudes. Utilisez moins de poids, rendez le mouvement plus facile ou faites le mouvement dans votre esprit. Lorsque vous visualisez une action, les muscles qui l’effectueront sont stimulés, vous commencez à construire les passages nerveux de la performance que vous imaginez.

Donc, quand vous apprenez un nouveau mouvement, rendez les conditions d’apprentissage optimales, soyez attentifs, détendez-vous et soyez curieux.

Trop souvent, dans les arts martiaux, je vois des gens qui pratiquent de deux manières qui ne leur servent pas vraiment. En particulier dans la pratique avec partenaire, ils vont trop vite, ils veulent un résultat, ils ne sont pas vraiment sûrs de la façon dont ils vont y arriver ou «si» ils vont y arriver. Le mélange de ceci avec la vitesse = panique !

S’il vous plaît, ne faites pas des arts martiaux un contexte pour pratiquer la panique !!

Sentez, observez, soyez curieux, ralentissez jusqu’au point où vous pouvez rester calme et bouger correctement. Une fois que vous pouvez faire cela, devenir rapide est facile et la façon de devenir efficace est claire.

L’autre chose que je vois, c’est le sérieux. Pour beaucoup, les arts martiaux sont une affaire «sérieuse». Les uniformes, les ceintures, les titres, les rituels, les saluts mutuels sous tout le poids des âges.

Donc, les artistes martiaux ont souvent l’impression qu’ils ont besoin d’être très sérieux et très concentrés pendant leur pratique. La chose est que le résultat est souvent un peu au-delà du sérieux. Il est constipé !

S’il vous plaît, ne faites pas des arts martiaux un contexte pour pratiquer en étant tendu, coincé et constipé !!

À moins bien sûr que ce ne soit un de vos objectifs dans la vie, auquel cas, qui suis-je pour juger. Mais pas à mon cours.

Donc, faites en sorte que votre attitude pendant votre pratique physique inclue les qualités que vous voulez dans votre vie.

Ce n’est pas seulement l’attitude au cours de votre pratique que vous devenez, cela peut aussi être la nature de la pratique, si vous considérez la pratique comme une métaphore.

Dans ce cas, je dirais que l’aïkido est la métaphore de «l’harmonie», le Wing chun la métaphore de la «franchise et du minimalisme», le Xingyi est «prends ce qui est là tout de suite», le Capoeira est la «communauté», le MMA est «descends juste et fais-le».

Alors, quelle métaphore représente le Bagua ?

Bagua est l’intégration des contraires et du changement.

J’aime le Bagua parce que la nature de la pratique est simple, naturelle, souple, flexible et évolutive. En tant qu’attitude, il dit «explorez les contraires», «jouez avec les possibilités», s’il y a des hauts, il y a des bas, s’il y a dur, il y a mou, s’il y a petit, il y a grand, léger et lourd, courbé et droit, offensif et défensif, intérieur et extérieur. Le centre est le point qui intègre ces deux différentes extrêmes.

C’est pourquoi je l’appelle l’entraînement physique de l’esprit.

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